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Évangéline
Michel Conte 1971

Les étoiles étaient dans le ciel
Toi dans les bras de Gabriel
Il faisait beau, c’était Dimanche
Les cloches allaient bientôt sonner
Et tu allais te marier
Dans ta première robe blanche
L’automne était bien commencé
Les troupeaux étaient tous rentrés
Et parties toutes les sarcelles
Et le soir au son des violons
Les filles et surtout les garçons,
T’auraient dit que tu étais belle
Évangéline, Évangéline

Mais les Anglais sont arrivés
Dans l’église ils ont enfermé
Tous les hommes de ton village
Et les femmes ont dû passer
Avec les enfants qui pleuraient
Toute la nuit sur le rivage
Au matin ils ont embarqué
Gabriel sur un grand voilier
Sans un adieux, sans un sourire
Et toute seule sur le quai
Tu as essayé de prier
Mais tu n’avais plus rien à dire
Évangéline, Évangéline

Alors pendant plus de vingt ans, tu as recherché ton amant, à travers toute l’Amérique
Dans les plaines et les vallons, chaque vent murmurait son nom, comme la plus jolie musique
Même si ton cœur était mort, ton amour grandissait plus fort, dans le souvenir et l’absence
Il était toute tes pensées, et chaque jour il fleurissait dans le grand jardin du silence
Évangéline, Évangéline

Tu vécus dans le seul désir de soulager et de guérir, ceux qui souffraient plus que toi même
Tu appris qu’au bout des chagrins, on trouve toujours un chemin qui mène à celui qui nous aime
Ainsi un dimanche matin, tu entendis dans le lointain, les carillons de ton village
Et soudain alors tu compris, que les épreuves étaient finies, ainsi que le très long voyage
Évangéline, Évangéline

Devant toi était étendu, sur un grabat un inconnu, un vieillard mourant de faiblesse
Dans la lumière du matin, son visage sembla soudain prendre les traits de sa jeunesse
Gabriel mourut dans tes bras, sur sa bouche tu déposas, un baiser long comme ta vie
Il faut avoir beaucoup aimé pour pouvoir encore retrouver la force de dire merci
Évangéline, Évangéline

Il existe encore aujourd’hui des gens qui vivent dans ton pays et qui de ton nom se souviennent
Car l’océan parle de toi, les vents du Sud portent ta voix de la forêt jusqu’à la plaine
Ton nom c’est plus que l’Acadie, plus que l’espoir d’une patrie ton nom dépasse les frontières
Ton nom c’est le nom de tout ceux qui malgré qu’ils soient malheureux croient dans l’amour et qui espèrent
Évangéline, Évangéline


 

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